Echall’Arts : l’art en fête en Charente !

Au grè des expositions auxquelles participe Nathalie, toute la famille en profite depuis quelques mois pour découvrir de nouveaux coins de France parfois frôlés lors de trajets directs mais jamais encore approchés. Ce Week-end, les nouvelles activités artistiques de Nathalie nous ont amenés dans un bien joli village. Celui d’Echallat en Charentes, situé entre Angoulême et Cognac, pour la 13ème édition du festival d’art plastiques Echallarts.

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Une quarantaine d’exposants, sculpteurs, peintres, dessinateurs de talent, pros ou amateurs ont investi les lieux habituellement fermés au public. En effet, les habitants de ce beau et sympathique village ont pour l’occasion ouvert aux artistes les lourdes portes en bois de leurs habitations donnant sur de magnifiques jardins d’habitude réservés à leurs propriétaires et à leur entourage. L’occasion pour tous les visiteurs et festivaliers de voir derrière les murs en pierre de calcaire blanc les superbes demeures traditionnelles.

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Une belle surprise pour nous ponctuée de nombreuses rencontres avec d’autres artistes, dont la très créative voisine d’exposition de Nathalie, Catherine Alexandre, artiste peintre déjà très accomplie et réputée ainsi que son ami le sémillant Xavier Pesme emprunt lui aussi de surréalisme ou encore le savoureux Abdoulaye Gandema, sculpteur venu du Burkina Faso qui animait avec un sourire communicatif un stage de sculpture sur cire perdue à la méthode ancestrale et bien d’autres encore. L’occasion aussi de croiser un bout de notre grande famille vivant dans la région.

Pour finir, le plaisir pour Nathalie de remporter son premier prix et la fierté pour Jeanne, Pauline, moi et elle bien sûr ! En effet, Nathalie a reçu le 3ème prix du public pour les peintres amateurs, de nombreux encouragements durant tout le week-end, de précieux conseils et a obtenu l’opportunité de particiêr à trois prochaines expositions en Charente (Lien vers son blog de peintures).

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A suivre…

Ouest américain : la sélection photo

Une sélection des photos du voyage qui donne une idée de la diversité des paysages rencontrés pendant ces trois semaines et demi.

A suivre…

La synthèse de Nathalie : notre road trip dans l’Ouest américain

C’est un pays XXL avec ses grands espaces, avec la variété et la richesse de ses paysages. La végétation y est surprenante ; on a découvert une diversité de fleurs et de cactus, les arbres immenses et majestueux qui imposent le respect de par leur grand âge comme les Séquoias géants de Séquoia Park. Nous avons été impressionnés par les vues vertigineuses sur les canyons. Quel dépaysement de découvrir les déserts infinis comme Death Valley et la côte Ouest magnifiquement sauvage et préservée ! Ces découvertes ponctuées de surprises quotidiennes face à cette immensité hypnotisante défilant devant nos yeux pendant notre road trip, ont contribué à entretenir la sensation de poursuivre notre voyage autour du monde d’il y a 2 ans.

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Il y a eu aussi de nombreux temps forts comme la rencontre magique et exceptionnelle avec les baleines et les dauphins à Monterey.

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Nous n’oublierons jamais également la sensation de chaleur torride et écrasante éprouvée à Death Valley et au désert de Mojave, asséchant de façon surprenante les voies respiratoires, avant de goûter au plaisir bien mérité d’un bain nocturne dans les piscines en toute tranquillité.

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Comme une enfant dans une cabane perchée dans les arbres, j’ai adoré dormir dans la tente sur le toit de notre van, isolée de l’humidité du sol avec une vue panoramique sur le paysage qui nous entoure.

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La ville de Las Végas contre toute attente est pour nous un site incontournable. La magie des lieux opère réellement avec ses somptueux décors reconstitués.

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Nous avons été aussi séduits par l’ambiance sixties de la route 66 comme dans les villes de Flagstaff, Williams et Selligman. On y ressent encore le culte des belles voitures (ce qui n’a pas laissé Nico insensible), des harley Davidson (ah ces Américains toujours amoureux de leurs montures !) et de l’American Way of life. J’ai notamment aimé Oatman, ville fantôme typiquement Western dans le cadre étonnant qu’offre le désert de Mojave.

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Nous avons aimé le moment convivial passé à Flagstaff avec les « Français », Chrisptophe, Valérie, Sylvie et Clara, que nous espérons les revoir en France pour prolonger notre voyage.

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Un moment chouette encore ; nous avons eu la chance d’assister à un magnifique et authentique travail au lasso dans une passion commune partagée entre cowboys blancs et les Natives Americans (c’est moins offensant que de dire « Indiens » selon les Américains).

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Les Américains sont sympathiques, ouverts et cools. Notre véhicule de fortune attisait partout la curiosité des autochtones et favorisait ainsi les échanges. Conformément à l’idée que je m’en faisais, les Américains sont toujours prompts à aider. Par exemple, j’ai pu constater cela quand Terry un Américain de Sausalito a appelé à ses frais un taxi grâce à son application téléphonique pour nous dépanner.

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Une enrichissante page se tourne grâce à ce road trip en famille qui nous a ressourcés et nous permet de poursuivre cette année avec une belle énergie.

Nathalie

Last part in Sausalito : quai des brumes…

Après notre mésaventure de la matinée avec la panne du van, la journée est bien remise en cause…Nous appelons un chauffeur Uber depuis le dépôt Jucy qui nous dépose à l’hôtel au centre de San Francisco où nous soufflons un peu après toutes ces péripéties. Nous voulions aller initialement avec le van faire un bout de côte pour saluer une dernière fois l’Océan Pacifique…à pieds, cela paraît plus difficile.

Un éclair de lucidité me fait dire que nous pourrions à défaut d’y aller en van aller sur la côté avec un autre chauffeur Uber…L’objectif serait d’aller a minima de l’autre côté du Golden Gate, dans la petite ville de Sausalito, dont m’avait parlé Pauline (ma jeune amie de Nouvelle Zélande) il y a deux ans en me disant qu’il était dommage qu’on n’y soit pas allés. Je saute sur l’appli Uber et trois minutes après une voiture vient nous chercher. Nous passons avec plaisir le magnifique pont totem de San Francisco que nous avons traversé à vélo avec les filles il y a deux ans. Le brouillard s’en empare rapidement et avec lui la fraicheur. Heureusement de l’autre côté du pont, le temps est plus clément.

Notre chauffeur nous dépose au port principal de Sausalito. Le charme de la petite ville opère immédiatement et nous redonne le sourire après un début de journée bien difficile. La brume recouvre encore fortement San Francisco que nous apercevons de l’autre côté de la superbe baie. Nous partons à pieds à la recherche des célèbres floating house (maisons flottantes). Après quelques centaines de mètres déjà longs nous trouvons un petit bout du trésor que nous cherchions…Mais nous sommes surpris. Nous pensions que le port de Sausalito était tout petit et que nous n’aurions pas trop à marcher pour trouver notre bonheur…erreur !

En réalité le gros du quartier hippie avec ces maisons sur l’eau est bien plus loin. Nous marchons un très long moment…et sommes prêts à rebrousser chemin. J’insiste pour que nous poursuivions la route. Je tiens vraiment à voir ce quartier. Nous questionnons des passants pour savoir où il se situe…A chaque fois on nous dit, environ 1 miles, 10 à minutes…Nos contacts ont dû penser qu’on y allait en voiture…

Mais nos efforts sont finalement bien récompensés ! Nous tombons sur ce quartier pas comme les autres qui nous retient un bon moment tant l’ambiance qui y règne nous plaît. les maisons sont magnifiquement mises en valeur par des décorations très soignées ou très farfelues. Nous sommes sous le charme et notre fatigue s’envole ! Ce quartier est aujourd’hui un havre de paix pour hippies ayant bien réussi dans la vie. Mais le mode de vie initial dans l’esprit d’une communauté subsiste. Nous croisons des habitants adorables dont une dame qui était prête à nous inviter si son mari avait été là…et un homme qui nous indique que dans une des maisons que nous apercevons depuis le ponton, Otis Reding a composé un de ses titres majeurs.

Mais l’heure avance et il nous faut trouver un endroit pour dîner. Un nouvel appel à Uber et nous voici de retour au port principal de Sausalito. Il est 20h30 et déjà nombre de restaurants sont fermés. Ici aux Etats-Unis, c’est souvent le cas à cette heure. En marchant près d’un restaurant qui nous plaît bien esthétiquement, un homme en costume nous parle en français. Il nous dit que c’est le meilleur restaurant de la ville. Le cadre est magnifique, il n’en faut pas plus pour nous décider. Après-tout nous avons mangé des burgers pendant 3 semaines et une bonne cuisine nous tente. Le choix s’avère excellent et la vue sur la baie gagnée par les lueurs de la nuit est un régal pour les yeux. Il s’agit du Scoma’s Sausalito.

Après cette pause bienvenue qui clôture à merveille notre road trip de 24 jours, je me jette sur l’appli Uber si facile à utiliser….une erreur réseau ne me permet pas de réserver en ligne…Après enquête, ma carte bleue est arrivée au maxi possible des retraits autorisés, elle a elle aussi pris chaud visiblement…nous sommes à pieds…

Pour couronner le tout les taxis ne sont plus en service et il y aurait un hypothétique bus pour rejoindre San Francisco à plusieurs kilomètre de là…la ville se vide, nous avons un peu froid et la journée n’est pas terminée…

Il faudra compter sur l’art de la négociation de Nathalie qui, se rendant dans un des rares bars animés de la ville, finit par tomber sur un généreux donateur, Terry. Celui-ci nous voyant dans la panade, a commandé une course pour nous en son nom sur le réseau Left concurrent d’Uber…Il ne veut pas que je le rembourse. Le contact sera court mais merci Terry de nous avoir sauvé la mise car là une deuxième galère commençait 🙂

Notre nouveau chauffeur nous prend devant le bar animé et nous retraversons by night le Golden Gate. Un moment à part que nous sommes ravis de vivre…A l’arrivée à l’hôtel c’est notre carte de chambre qui n’ouvre plus la porte 😉 Il est temps pour nous de dormir avant de quitter le lendemain San Francisco. Fin d’une journée où la brume a joué des coudes avec la lumière 😉

Nous sommes bien fatigués mais ravis de notre périple à rebondissements. Nathalie fera sa traditionnelle synthèse mais dores et déjà nous avons adoré ce road trip dans le grand ouest américain riche en surprises. Encore un beau moment passé tout en famille !

A bientôt et merci de nous avoir suivis !

Nicolas, Nathalie, Jeanne et Pauline

 

Jucy : C’est le bouquet ! Final

En quittant ce matin notre hôtel peu reluisant de la nuit où nous avions croisé en arrivant un homme visiblement ravi de montrer son bracelet électronique sous son short (pourquoi dit-on bracelet alors qu’il se porte à la cheville…mystère) et quelques membres de gangs locaux (la zone au sud de San Francisco est l’une des plus dangereuses des USA, ça c’est pour la carte postale), nous nous dirigeons vers notre véhicule amoindri. La nuit de repos a dû lui faire du bien…

Je lance le moteur, enclenche la marche arrière en souffrance. J’ai du mal à faire bouger le scoobidoo van…il finit par reculer en tressautant. Je lance la machine infernale vers l’avant en espérant qu’elle veuille bien effectuer pour nous, après tout ce que nous avons partagé, les derniers 75 miles. Déjà je sens que c’est peut-être beaucoup lui demander…

Je parviens à lancer la voiture qui se bloque comme l’autre jour en montagne sur un des premiers rapports…le stress monte, surtout à l’approche de la highway limitée à 70 miles à l’heure et qui s’annonce palpitante bloqués que nous sommes à 45 ou 50 miles maxi avec un régime moteur de 4500 tours minutes minimum et les décibels qui vont avec…Nous nous arrêtons assez rapidement sur recommandation familiale pour tenter la solution dépannage par Jucy…

Après un premier interlocuteur qui raccroche au nez de Nathalie, pas le temps visiblement de faire un effort de compréhension, nous tombons sur un deuxième interlocuteur qui lui, a plus de temps à nous consacrer. On doit nous rappeler dans 10 minutes…Après 20 minutes d’attente, je décide de nous dépanner tout seul. Je relance le bolide sur la highway en croisant les doigts pour que le moteur ne parte pas en fumée.

La route se passe difficilement mais nous gagnons du terrain à chaque tour de roue. On avance, c’est une évidence. A une trentaine de miles de notre point d’arrivée, une première côte de plusieurs kilomètres nous inquiète car je sens que ça patine à fond du côté de la boîte…nous passons cette première épreuve et les odeurs de brûlé de l’embrayage ne sont pas rassurantes. Heureusement la descente qui suit est aussi longue que la montée et permet à l’équipage toots et son infidèle destrier de souffler un peu.

Quelques miles plus loin, un ralentissement est indiqué sur le GPS avec une zone rouge…si on s’arrête on ne pourra sûrement plus repartir. Heureusement le ralentissement débute à l’amorce d’une descente…je mets la boîte en position neutre pour laisser reprendre un peu de vitesse au van avant d’enclencher le mode drive. La route reprend…nous scrutons toutes les 30 secondes le GPS pour voir le temps qu’il nous reste…c’est fou ce que ça peut-être long une minute !

Malheureusement nous devons consommer du 25L au cent vu le régime moteur et le réservoir se vide rapidement. Je dois m’arrêter prendre du carburant car il va nous manquer quelques décilitres pour terminer la route. Je m’en serais bien passé…Après son ravitaillement le van glouton accepte à grands hurlements, après rechignements et cahots, de reprendre la piste.

Mais un deuxième ralentissement se présente à nous à 7 miles de notre loueur Jucy un peu détesté ces derniers jours…la fin de la montée est en vue mais le trafic s’arrête…

S’en est trop pour le scoobidoo van qui échoue lamentablement sur la voie de droite de la highway si fréquentée.

Nous sortons les filles rapidement du véhicule pour les mettre en sécurité et reprenons avec Nath une très vielle habitude, celle de pousser à deux un véhicule (ça me rappelle un enterrement de vie de garçon et de jeune fille tout ça, la tenue en moins, n’est-ce pas Odile et Cécile et tous les autres qui s’en souviennent ;-). Nous parvenons à mettre le van moribond sur la bande d’arrêt d’urgence…

C’est la fin du road trip et nous sommes piétons, c’est le bouquet !

Après 5 ou 6 appels à la hot line Jucy qui doit à chaque fois nous rappeler mais qui ne nous rappelle jamais et après deux heures d’attente sur le bord de route où rien d’intéressant ne se passe sous le soleil, heureusement et dans une température clémente, une dépanneuse arrive et soulève le véhicule qui a l’air de peser un van mort…(elle est pour toi François celle-là;-).

Fin de partie, retour maussade chez Jucy à qui nous avons fait de la publicité gratuite sur le bord de route. J’explique à l’employé désolé, que je ne comprends pas comment on peut laisser partir un véhicule dans cet état avec une famille à bord…l’état de la roue en photo (les 4 étaient comme cela) atteste de l’attention portée par Jucy rent sur ses véhicules…C’est finalement un miracle que nous ayons réussi à revenir sur nos pas sans avoir éclater un pneu et avec la boîte qui aura tenu les milliers de miles endurés avec nous en douceur pourtant. Et je ne parle pas de l’état des amortisseurs…

Nous ne sommes pas contents et quittons l’enceinte grâce à Uber (les Uber sont sympas). Il est 16h, nous nous faisons amener à notre hôtel de San Francisco, le même qu’au début du voyage…et la journée ne s’arrête pas là…

A suivre…

Sequoia Parc et Kings Canyon : c’est dans la boîte !

Arrivés hier en fin d’après-midi du côté de Bakersfield, nous avons décidé de nous poser dans un motel rafraichissant avec piscine pour le prix d’un modeste camping US (38$ taxes comprises). Nous sommes contents de nous être rapprochés de l’objectif du lendemain Sequoia parc et de voir que le van a tenu bon…

La nuit passée, nous reprenons notre road trip en direction du parc aux arbre immenses. La nuit a visiblement rafraichi les idée du scoobidoo van. Le témoin moteur a disparu ! Sur notre route, nous apercevons de nombreux arbres fruitiers, des pistachiers, des vignobles. nous apercevons également d’ignobles élevages bovins où l’herbe est remplacée par une terre noirâtre mélangée avec les déjections des pauvres milliers d’animaux emprisonnés sous des hangars surchauffés avec le museau coincé dans des mangeoires destinés à les gaver au plus vite…Ce sont les premiers élevages intensifs que nous rencontrons. Jusque là le bétail rencontré disposait d’immenses plaines et praires…non loin de là, des champs de puits à pétrole se déploient à perte de vue. Certains puits de pétrole sont même disposés entre les rangs de vigne…

Nous arrivons sans encombre malgré la chaleur après 1h30 de route sur la zone de Sequoia parc. Nous réservons un camping pour être tranquilles le soir et partons après une pause déjeuner vers les géants verts. Je ne m’attendais pas à escalader une montagne…Une ascension de 17 miles sous une grosse chaleur nous attend depuis le camping pour accéder aux sommets de la forêt des géants qui se trouvent à 1700m jusqu’à près de 2500m. Je ne suis pas très serein pour la voiture…Je m’imaginais Sequoia Parc être une forêt de basse altitude…Nous grimpons cependant prudemment pour ne pas trop éprouver notre Dodge qui nous amène à bon port.

Nous laissons notre voiture du côté du visitor center d’où nous empruntons une navette gratuite qui nous conduit aux endroits sélectionnés par Nathalie. Les arbres qui jusque là dans la montée étaient grands mais pas spectaculaires laissent place à des arbres qu’on ne pouvait pas imaginer sans les avoir vus…Le plus grand, le Sherman Tree mesure 33 mètres de circonférence et mesure 83 mètres de haut…Il faut dire que cet honorable vieillard a environ 2200 ans !!! Le spectacle de cette forêt, bien qu’assez dégradée par de nombreux incendies dont un au moment où nous visitons le parc, est assez époustouflant. J’espère que les photos avec quelques repères de personnes ou voitures seront assez parlantes.

Nous nous dirigeons ensuite vers le site de Moro Rock. Nous grimpons par un escalier taillé dans la roche. L’arrivée au sommet permet une vue à 360° sur les hauts sommets voisins, dont certains enneigés culminent à plus de 4000m ,et de l’autre côté sur la plaine d’où nous venons. En redescendant, nous retournons au plus près des arbres géants pour nous assurer que nous n’avons pas rêvé puis revenons après hésitation à notre camping…en effet, il nous faut redescendre avec notre voiture en fin de course et donc remonter demain car nous devons emprunter la même route…Nous choisissons finalement le retour au camping car nous n’avons pas envie de galérer ce soir pour trouver un autre camping dans une zone touristique…Espérons que cela ira.

La nuit se passe sans encombre et nous sommes finalement bien contents de notre camping au pied de la montagne où le climat est resté frais mais pas froid contrairement à ce que nous aurions eu si nous étions restés en altitude. Voilà une matinée qui commence pas mal ! Nous nous préparons et montons à bord de notre fringuant van qui reprend des couleurs…sur le tableau de bord où le voyant moteur fait encore son intéressant…Cette satanée machine commence à nous agacer… Je reprends la route en direction du sommet où nous prévoyons une visite matinale avec l’espoir d’apercevoir, c’est notre dernière chance du voyage, un ours ! Les panneaux de signalisation nous permettent d’y croire…Le van se hisse sans souci sur les sommets. Ouf ! Nous profitons d’une balade très sympa et presque seuls dans la forêt. Nous avons les yeux rivés au loin pour tenter de capter du regard un gros nounours des bois. Nous tombons finalement sur de tout petits nounours. Une famille marmotte au complet vient nous saluer. Elle profite d’un géant tombé au sol et offrant à cette famille bien dégourdie un abri dans ses racines géantes sorties de terre. La maman est en bas avec les rejetons et le papa est au sommet de son territoire tel Léonardo Di Caprio à la proue de son bateau dans Titanic ! On se croirait sur France 3 avec les marmottes animées ;-). Petite dédicace à Christophe Zirnhelt 😉

 

Tant pis pour les ours, ils n’ont pas voulu se montrer. Nous regagnons notre carrosse et nous orientons vers le second parc local qui fait partie de Sequoia. A nous Kings Canyon ! Bon c’est sans compter sur l’état de notre scoobidoo trash qui décide de rester bloquée sur le deuxième rapport de la boîte de vitesse…nous voilà bien alors qu’il nous reste plus de 3 heures de route pour regagner les alentours de San Francisco…Après plusieurs essais pour tenter de débloquer la vitesse, nous nous résignons à abandonner l’idée de descendre tout au fond de Kings Canyon…nous ne tenons pas à rester coincés en pleine montagne. la deuxième vitesse ira bien pour les montées qu’il nous reste à faire et la descente avec le frein moteur…je suis par contre plus inquiet pour les presque 200kms qu’il nous faut parcourir sur les autoroutes coincés à 30 kilomètres heure…finalement la boîte se remet à peu près dans le bon sens avant la fin de la vertigineuse descente…les vitesses de la boite auto se remettent à passer mais je perds du coup mon frein moteur. L’embrayage se met à surchauffer et l’odeur m’incite à m’arrêter en bord de route.

nous en profitons pour déjeuner…En redémarrant des bruits sinistres se font entendre dans la boîte qui est en train de rendre l’âme. J’espère juste qu’avec la pente qui devient plus douce et le retour en plaine, je pourrai avancer et me rapprocher de l’issue du voyage. Nous décidons avec Nathalie de rendre la voiture avec un jour d’avance. Nous en avons assez enduré avec elle. Nous arrivons vers 16h à la fois contents car nous n’y croyions pas et fatigués par l’idée d’une panne totale du véhicule, dans un motel un peu glauque situé à 1 heure de notre loueur. demain matin, nous lui ramènerons ce véhicule si celui-ci veut bien nous y amener…

D’ores et déjà, si le concept du véhicule est réellement génial et nous a beaucoup plu, nous sommes très mécontents de notre loueur Jucy. Louer à ses clients des véhicules âgés, totalisant plus de 250000kms au compteur, avec un entretien inexistant; des pneus (les 4) usés à l’extrême, des amortisseurs morts etc etc…Cela est tout simplement scandaleux, surtout pour le tarif !!!

A suivre…

 

 

Route 66 : de Williams à Barstow, l’apothéose !

Nous reprenons le route 66 ce matin après une halte appréciée dans la sympathique ville de Williams. Nous alternons entre la nouvelle route sans charme et l’ancienne avec le charme d’antan. Nous voyons parfois les deux routes qui semblent s’observer. La nouvelle narguant l’ancienne de sa réussite en nombre de followers alors que l’autre lui fait sentir du coin de l’œil qu’elle ne lui arrive pas à la cheville et que le temps fera sont œuvre. Nous passons et nous nous arrêtons à Seligman qui joue à fond la carte souvenirs avec bonheur. Les boutiques s’en donnent à cœur joie pour attirer le touriste, dont beaucoup de français qui recherchent le charme de la vieille dame. Nous laissons une petite carte du blog tootenfamille chez le barbier le plus célèbre de la ville.

En reprenant la route, satisfait pour ma part d’avoir revu tant de chevaux vapeurs certes éteints sous les capots irradiés par le soleil ardent, j’élance le scoobidoo van pour doubler un camion un peu lent. J’aperçois pendant la fin de ma manœuvre audacieuse  au vu de la qualité de notre véhicule, d’autres chevaux qui je le sais vont plaire à la partie féminine de la tribu toots. A peine le camion doublé, je clignote de la gauche pour me garer un peu en urgence bien qu’en prudence sur le bord inverse de la route 66. Un attroupement de cavaliers, cavalières et bêtes à monter semble vouloir prouver sa valeur et son sens de l’équilibre. Nous nous approchons de la piste où se déroule une compétition pour initiés. Un homme d’origine indienne nous invite à nous rapprocher. Les populations indiennes à la classe naturelle et cowboy qui ont su imposer leur look, forment une seule et même équipe. On est ici entre passionnés qui prennent à cœur le partage de leurs savoir faire. Toutes les générations et tous les sexes sont à égalité. Un beau moment rien que pour nous. Nous pensons à nos amis les « Hub » qui se régaleraient aussi devant ce spectacle authentique. Les mini vaches qui se font attraper par les lassos experts ou en apprentissage semblent pour leur part n’apprécier que modérément l’exercice.

Nous reprenons la route après quelques longues minutes à profiter de cette expérience inédite pour nous, et tombons sur deux Indian. Il s’agit de deux motos avec leurs motards qui profitent également de la route 66. Les engins sont magnifiques. Ils datent de 1940 et 1946 d’après les dires de leurs propriétaires allemand qui en sont visiblement très fiers. Une rareté au look ravageur. Nous les retrouvons quelques miles plus loin dans un des endroits cultes de la mère des routes, le « Hackberry général store ».

Après avoir profité du lieu et de l’ambiance, le road trip sur la plus célèbre des routes US reprend. Nous nous arrêtons un peu plus loin dans un autre repaire de farfelus qui rendent hommage à tout ce qui caractérise la région. Nous filons sur Kingman que nous traversons. Là encore, les lieux spécifiquement « roadiens » sont légion mais on ne peut pas s’arrêter tous les 33,33333333 pieds (1 pied = 30cm;-).

Nous partons on the road again pour notre very good trip à la découverte de nouvelles découvertes. Une nouvelle bonne adresse trouvée dans la bible de Nath « le guide évasion Hachette parcs nationaux de l’Ouest américain » nous attire. Il s’agit du petit village de Chloride. C’est un ancien village minier abandonné et qui allait devenir ville fantôme avant que des hippies s’en emparent pour lui redonner une seconde vie. L’endroit est assez amusant. Un mélange de vieux village de cowboy teinté de la folie hippie avec des décorations guidées par certaines herbes qui font rire. Même Lucky boy ne s’en est pas remis…

Et la route reprend dans la même direction, à la conquête de l’ouest. Nous restons sur l’ancienne route 66 alors que notre GPS tient absolument à nous faire passer par l’efficace mais froide (c’est une image, il fait déjà plus de 40°C…) route I 40. Si même les GPS s’y mettent…Nous arrivons après avoir escaladé de beaux lacets de montagne à la petite bourgade d’Oatman. Celle-ci est également une ancienne cité minière habitée essentiellement par des ânes…des vrais…En effet, quand la mine n’a plus donné suffisamment, il lui est arrivé le sort de toutes les cités minières de l’ouest. Les hommes l’ont déserté laissant derrière eux les ânes qui jusque là les aidaient à porter des lourdes charges extraites de la mine…Ainsi, quelques décennies plus tard, les jeunes générations d’ânes profitent toujours de l’herbe qui leur est gracieusement offerte par la nature alors que leurs valeureux ancêtres avaient dû travailler dur pour gagner une maigre pitance…

Mais en arrivant à Oatman, le scoobidoo van nous fait une mauvaise blague…après les freins avants refaits à neuf au début du voyage et les pneus arrières changés, voici qu’un nouveau voyant fait le malin sur le tableau de bord. Il s’agit du voyant moteur…aië…Il fait 114°F (environ 46°C), il y a un soleil de plomb, nous n’avons pas de réseau mobile et il n’y que des ânes autour de nous (ça, encore, ça nous est déjà arrivé;-)…Bref, pas l’esprit à plaisanter. Il est 18h30 et nous avons encore pas mal de route à faire pour sortir de la pampa dans laquelle nous nous sommes mis. Que faire ?

Nous décidons de tenter le tout pour le tout et de gagner un lieu un peu plus habité. Nous ferons escale si notre Dodge en fin de vie le veut bien à Needles…Nous espérons aussi que la température entre temps aura baissé…Nous apprenons un peu plus tard que cette ville est la plus chaude au sens premier du terme des USA…En gros, il fait aussi bon qu’à Death Valley et une journée d’été normale se passe rarement en dessous de 50°C. Après notre expérience de la grosse chaleur du début de voyage, nous préférons jouer la carte du confort cette fois-ci. Une chambre climatisée et piscine feront l’affaire dans le premier motel venu…Ouf…

Fin d’une très belle journée assez éprouvante sur la fin, du fait du stress de voir surgir une panne qui nous aurait rendu la vie bien compliquée…

Le lendemain, c’est toujours assez peu sereins que nous reprenons la route. Notre véhicule au tableau de bord rivalisant de lumière avec un sapin de noël démarre mais le voyant toujours allumé ne nous prédit rien de bon…Deux scénarii possibles. Soit nous restons à l’hôtel et perdons une journée à nous faire dépanner, soit nous parions sur le fait que le voyant s’allume par erreur…Nous choisissons la réponse 2 qui sera notre denier choix Jean-Pierre. Nous partons donc en direction de Barstow à 200kms de notre point de départ toujours plus à l’ouest.

Nous empruntons toujours la route 66 mais l’essentiel de ce qui était à en voir a été vu la veille. Une curiosité ultime nous attend tout de même, le fameux Bagdad café rendu célèbre par le sublime film du même nom. Ce repaire à français nostalgiques de la magie du film n’a pour nous plus rien de magique. Nous apprenons toujours grâce au guide Hachette que seul l’intérieur de ce café a servi pour le film. Les scènes extérieures ayant été tournées ailleurs non loin de là et les décors ayant été enlevés. Et de l’intérieur, nous avons du mal à retrouver l’émotion qui se dégageait du film. L’âme n’y est pas et les nombreuses cartes fétiches accrochées partout dans la bar, donnent à l’endroit un air de kermesse qui ne nous retient pas…Nous resterons à la magie du film que nous avions revu juste avant de partir…On se rend d’ailleurs compte à quel point le réalisateur à dû jouer de talent pour extraire de ce lieu la saveur de l’authentique Bagdad Café mis en images.

Nous arrivons à Barstow un peu avant midi. Le témoin moteur est toujours aussi lumineux. Nous avons par contre une idée moins lumineuse : nous arrêter pour déjeuner dans le mac Do local aux faux airs de quais de gare. L’odeur de gras mélangée à celle des produits ménagers doublée de la surpopulation de l’endroit et de la chaleur ambiante torride toujours bien au dessus de 40°c nous incite à avaler rapidement nos burgers écoeurants.

La bonne nouvelle est que la voiture tient le coup ! Nous tentons donc de pousser 200kms encore plus haut pour nous rendre à Bakersfield où nous prévoyons de passer la nuit.

Demain si notre van Jucy le veut bien, nous montons en direction de Sequoia Parc.

A suivre…

Route 66 : de Flagstaff à Williams

Après une nuit bruyante, entre route passante et trains à rallonge, le réveil est certes matinal mais poussif…Nous partons de Flagstaff où nous avons passé une très bonne soirée au rythme de la country et nous nous dirigeons vers Sedona, ville réputée à une heure de Flagstaff. C’est bien la première fois de notre vie que pour nous rendre en zone montagneuse, nous descendons…en effet, Flagstaff est sur un haut plateau à 2120m d’altitude et nous descendons sans discontinuer pour accéder à la petite ville montagneuse de Sedona…Le monde à l’envers ! Nous visitons les environs de la petite ville dynamique et plutôt huppée. Les maisons en adobe cachées dans les montagnes voisines laissent penser que la population qui vient ici pour se relaxer en profitant de l’aéroport haut perché est assez aisée. Nous ne ferons pas de ballade à pieds. Il fait très très chaud et le cœur ne nous en dit pas. En outre, ici pour profiter du moindre point de vue, il faut s’acquitter de minimum 3$ et cela grimpe même à 30$ pour découvrir le slide rock, toboggan naturel noir de monde…Nous profitons tout de même des alentours que nous découvrons en voiture en suivant les traces des 4×4 qui amènent les touristes sur les points d’intérêt…Au final, Sedona nous plaît bien et l’environnement est plutôt beau mais nous n’avons cependant pas de coup de cœur. Nous avons vu tellement de choses spectaculaires ces derniers jours qu’il en faut plus désormais pour nous épater en termes de paysages…Peut-être faudrait-il y rester davantage. Toutefois, une surprise nous attend à Flagstaff où nous rentrons pour déjeuner…

La surprise ne vient pas des interminables trains même s’ils nous fascinent toujours autant avec leurs klaxons puissants que l’on entend de très loin et qui donne une ambiance particulière à l’endroit. La surprise est que nous retrouvons la famille française avec laquelle nous avions sympathisé lors d’une pause hamburger en sortant de Las Vegas et grâce à qui nous avions été voir le feu d’artifice de Saint Georges pour fêter à l’Américaine Indépendance Day, le 4 juillet dernier. Nous nous étions alors ratés de peu ce jour là mais comme nous avions laissé une carte du blog, nous avons pu raccrocher les wagons et nous caler ce rendez-vous. Nous passons à nouveau un très bon moment avec Christophe, Valérie, Clara et Sylvie et partageons le repas du midi dans le restaurant où nous avions écouté le concert de country la veille. L’orage est là désormais et nous apprécions bien d’être dans la salle. En sortant, nous leur proposons de leur montrer le dancing bar que nous avions découverts hier par hasard, « the museum club » (cf. articles précédents). L’occasion de prolonger ce début d’amitié avant que nos routes se séparent.

Nous reprenons la route vers 16h30 pour un peu moins d’une heure. La ville de Williams semble être une étape intéressante sur la route 66. Nous décidons, la fatigue aidant, de nous y arrêter dans un motel histoire de passer une vraie bonne nuit qui nous fait défaut. Nous profitons au maximum de cette petite ville pleine de charme et de boutiques ou restaurants à la gloire des grandes heures de la route mythique. Nous avons droit à un spectacle de faux cowboys un peu kitch qui nous fera sourire 10 minutes avant de nous ennuyer…Il faut dire que nous n’avons pas compris grand chose aux dialogues 😉 Nous testons en fin de visite le fameux restaurant « Diner » indiqué par Christophe et qui nous plonge dans les années 50 à peine la porte franchie. Ici pas de place au maquillage. La salle du restaurant est vraiment dans son jus et les banquettes en skaï marron d’époque rapiécées avec du gros scotch gris. Ambiance sympa même si le contenu de notre assiette ne nous fait pas tourner la tête.

Nous sommes tous les quatre ravis de cette halte et de la journée. Demain, nous poursuivons notre route en direction de l’Ouest et de la Californie. Nous ne connaissons pas encore le programme qui se dessinera au fil des miles…

A suivre…

Route 66 : de Holbrook à Flagstaff

Nous quittons ce matin notre très sympathique et bon marché camping « OK RV Park », situé sur la route 66 en sortie de la petite ville d’Holbrook que nous avions simplement traversée la veille sans nous y arrêter. Nous décidons avant de reprendre pour de bon la route, de repasser par le centre. Il s’agit pour nous de notre première ville typique de la route 66. L’ambiance commence à nous plaire et l’idée de revoir la civilisation après plusieurs jours en pleine nature nous enchante. Nous découvrons le fameux hôtel aux tipis devant lesquels siègent fièrement de vieilles gloires du bitume. Cet hôtel aurait inspiré l’auteur du film d’animation Cars. Nous y retrouvons d’ailleurs avec son air malicieux l’une des vedettes du film sans maquillage. C’est sûr, nous sommes bien aux states sur « the mother road », comme appellent les américains celle qui relie Chicago à Los Angeles.

Mais la route 66 n’est plus ce qu’elle était. Seuls quelques tronçons sont restés opérationnels. Pour la grande majorité de la route, la végétation s’en empare peu à peu après l’abandon du bandeau bitumeux dépassé. Ainsi, après quelques miles effectués sur celle qui a supplanté l’antique route 66, la highway 40 sans aucun charme mais sûrement plus pratique pour les pratiquants réguliers, nous apercevons un panneau indiquant Météor Crater…Nous hésitons mais la curiosité l’emporte. Nous quittons la monotonie de notre route moderne et filons par la gauche. Nous arrivons au visitor center et rentrons dans la grand bâtiment que l’on doit traverser une fois la somme demandée acquittée pour enfin approcher le fameux cratère. Au préalable, nous profitons du musée qui explique l’histoire mouvementée de la découverte du cratère. Certains y voyant le résultat d’une éruption volcanique quand d’autres scientifiques acharnés ont défendu coûte que coûte la thèse du météore géant s’abattant sur la terre. C’est finalement cette thèse qui après des décennies sera adoptée définitivement. La visite est intéressante et le cratère parfaitement circulaire impressionnant. 190m de profondeur pour 1200m de diamètre…Le météore quand à lui mesurait 50m de diamètre…on imagine la secousse le jour J.

Peu de temps après cette visite dans le temps, nous nous rapprochons de notre ère avec de nouvelles maisons troglodytiques dans le parc du Wildnut Canyon qui datent d’environ 1000 ans. Les murs en pierre recouverts de terre viennent épouser la voute naturelle de la falaise qui constituait un parfait abri. Il y avait environ 400 âmes vivant ainsi accrochées à la falaise et passant d’un étage à l’autre avec des échelles en bois. Nous sommes loin, dans l’esprit, de la route 66. Là encore, c’est une visite intéressante car on ressent assez bien la vie à cette époque lointaine et sûrement paisible.

Nous reprenons la road 66 direction West avec en point de mire notre halte du soir, la charmante ville de Flagstaff toujours en Arizona. Mais avant d’entrer dans la ville, alors que nous longeons la mythique route, une maison en bois m’attire le regard. Je me gare sur le côté. Il y est inscrit Musée…Nous nous attendons à un vieux musée un peu kitch…en fait il s’agit d’un lieu bien vivant où on danse le soir sur la piste sur des airs de country. Nous y rentrons et tombons immédiatement sous le charme. L’édifice est construit en bois, les néons à la gloire de la route donnent le ton et soulignent parfaitement les contours du bar. L’ensemble est sous le regard de bestioles empaillées en tout genre. Il s’agit du « The Museum Club », à ne pas rater si vous passez dans le coin. Dommage que nous n’ayons pu tenter l’ambiance nocturne mais les filles ne sont pas admises après 21h. L’occasion tout de même de goûter une bière locale à la bonne réputation.

Nous arrivons après cette nouvelle étape, dans le centre ville de Flagstaff. La ville ne doit sa naissance qu’à l’arrivée de la voie ferrée. Celle-ci voit aujourd’hui passer des trains interminables en direction de Santa Fe au Nouveau Mexique. Nathalie au passage d’un convoi compte 136 wagons (environ 10m le wagon faites le calcul…), l’ensemble étant tiré par 4 matrices au gasoil plus une qui ferme la marche. Impressionnant ! Il ne fait pas bon se retrouver derrière les barrières du péage quand le signal retentit. L’attente dure près de 10 minutes avant que les barrières ne se relèvent tant le train est long et roule lentement. Et un autre train peut survenir rapidement derrière.

Une fois le train passé, nous nous dirigeons dans Flagstaff d’abord en voiture pour un tour de reconnaissance. La ville semble assez cossue. De jolies maisons se tiennent sur les hauteurs de cette cité haute qui culmine à 2120m d’altitude sans en avoir l’air ! Les restaurants et bâtiments en briques ont de l’allure. C’est une des plus jolies villes que nous ayons traversée pour le moment. L’ambiance y est aussi plaisante et jeune. Il faut dire que l’université d’Arizona y est présente.

Une fois cette première reconnaissance effectuée, nous allons à la recherche d’un lieu pour dormir et nous reposer. Je milite pour un motel, Nathalie pour un camping…tant pis, ce sera un camping en bord de route et de la voie ferrée !!! Un régal…

Nous revenons en soirée pour dîner en ville. Un restaurant où se tient un concert en plein air nous tente. Les chansons country finissement de nous mettre dans l’ambiance US. Nous passons un chouette moment.

Demain, nous prévoyons de nous rendre à Sedona non loin de Flagstaff…Une bonne surprise nous attendra au retour…

A suivre…

Cap au sud ! De Monument Valley à la route 66

Nous quittons ce matin le très beau site de Monument Valley en Direction du sud. Nous ne savons pas encore où nous nous poserons ce soir. Cela dépendra des visites de la journée et de la fatigue. Nous contournons la Monument Valley pour la découvrir dans sa globalité. Nous passons par Mexican Hat, le rocher en équilibre et qui fait penser à un sombrero. Les couleurs passent du rose oranger au violet. Une succession de canyons plus ou moins profonds égrainent la route qui en devient un peu monotone. Nous nous arrêtons dans un restaurant Navajo. Je goute la Root Beer, bière sans alcool (alcool interdit chez les Navajo) ressemblant par sa couleur et son drôle de goût davantage à un coca. Nous goutons aussi aux burgers façon Navajo. Le pain de mie étant remplacé par une sorte de crêpe épaisse à la pâte aérée et légèrement salée. Pas de quoi nous faire oublier notre gastronomie française mais intéressant à découvrir.

Nous nous dirigeons par le nord vers le Canyon de Chelly que Nathalie nous a sélectionné suite à ses lectures. Nous y découvrons un très beau canyon comparé sur certains guides au grand canyon mais qui à mon sens n’a rien en commun avec lui. Certes, la profondeur de 300m en fait un très honorable canyon, mais il semble plus vivant. En effet, les habitants Navajo cultivent encore en son fond le maïs et autres plants. Ils y élèvent aussi leurs vaches et moutons. En outre, les anciennes habitations troglodytiques en adobe (brique de terre rouge et de paille séchée au soleil) des premiers habitant d’Amérique, les pueblos, lui donnent un autre retentissement. Le spectaculaire laisse la place à un passé endormi et à un lieu de vie et de culture indienne qui s’accroche pour résister à l’occidentalisation.

En sortant du canyon de Chelly (par l’entrée habituelle), nous découvrons une reconstitution de l’habitat traditionnel Navajo, les Hogans. Ces maisons circulaires comportent une structure en bois recouverte de terre rouge. Cela nous permet d’imaginer a vie dans ces foyers. Aujourd’hui encore il en reste beaucoup dans la région car elles servent de maison d’été aux Navajo et leur sont utiles pour des cérémonies. Les Navajo sont convertis au christianisme mais intègrent dans leurs rites des fragments de leur culture ancesrale bien abîmée par la colonisation.

Nous poursuivons notre descente vers le sud, passons par le trading post de Hubell, réputée être une des plus anciennes du pays. Nous passons non loin de la forêt pétrifiée et du Painted désert, ce serait bête de na pas y aller. L’arrêt qui ne nous emballait pas a priori, s’avère être une bonne idée. Le site est là encore riche en surprises. Les décors lunaires des reliefs blancs, gris bleus, pourpres du painted désert laissent place en quelques miles, à l’étonnant ballet de milliers d’arbres de la petrified forest. Sur près de 30 kilomètres le sol est jonché de morceaux d’arbres transformés en pierre au fil des millénaires. Ces derniers emportés il y a plus de 250 millions d’année par un crue comme on savait les faire à l’époque, ce sont retrouvés 300 kilomètres en aval recouverts de boue et privés d’oxygène. La chimie naturelle a ensuite transformé les fibres des arbres par de la matière minérale. Si l’aspect visuel de l’écorce fait encore penser à un arbre, le cœur est quand à lui plus proche d’une pierre semi précieuse que d’une fibre végétale…

Cette visite est aussi l’occasion d’emprunter un premier tronçon de la route 66 qui traverse le parc.

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Après cette longue journée marquée par de nombreux kilomètres et de nombreuses sorties pour admirer les paysages et curiosités, c’est finalement à Holbrook que nous trouvons un sympathique et bienvenu camping pour la nuit. Il est 20h30.

Demain, nous commençons notre trajet retour vers San Francisco en empruntant la mère des routes, la très célèbre route 66.

A suivre…