Route 66 : de Williams à Barstow, l’apothéose !

Nous reprenons le route 66 ce matin après une halte appréciée dans la sympathique ville de Williams. Nous alternons entre la nouvelle route sans charme et l’ancienne avec le charme d’antan. Nous voyons parfois les deux routes qui semblent s’observer. La nouvelle narguant l’ancienne de sa réussite en nombre de followers alors que l’autre lui fait sentir du coin de l’œil qu’elle ne lui arrive pas à la cheville et que le temps fera sont œuvre. Nous passons et nous nous arrêtons à Seligman qui joue à fond la carte souvenirs avec bonheur. Les boutiques s’en donnent à cœur joie pour attirer le touriste, dont beaucoup de français qui recherchent le charme de la vieille dame. Nous laissons une petite carte du blog tootenfamille chez le barbier le plus célèbre de la ville.

En reprenant la route, satisfait pour ma part d’avoir revu tant de chevaux vapeurs certes éteints sous les capots irradiés par le soleil ardent, j’élance le scoobidoo van pour doubler un camion un peu lent. J’aperçois pendant la fin de ma manœuvre audacieuse  au vu de la qualité de notre véhicule, d’autres chevaux qui je le sais vont plaire à la partie féminine de la tribu toots. A peine le camion doublé, je clignote de la gauche pour me garer un peu en urgence bien qu’en prudence sur le bord inverse de la route 66. Un attroupement de cavaliers, cavalières et bêtes à monter semble vouloir prouver sa valeur et son sens de l’équilibre. Nous nous approchons de la piste où se déroule une compétition pour initiés. Un homme d’origine indienne nous invite à nous rapprocher. Les populations indiennes à la classe naturelle et cowboy qui ont su imposer leur look, forment une seule et même équipe. On est ici entre passionnés qui prennent à cœur le partage de leurs savoir faire. Toutes les générations et tous les sexes sont à égalité. Un beau moment rien que pour nous. Nous pensons à nos amis les « Hub » qui se régaleraient aussi devant ce spectacle authentique. Les mini vaches qui se font attraper par les lassos experts ou en apprentissage semblent pour leur part n’apprécier que modérément l’exercice.

Nous reprenons la route après quelques longues minutes à profiter de cette expérience inédite pour nous, et tombons sur deux Indian. Il s’agit de deux motos avec leurs motards qui profitent également de la route 66. Les engins sont magnifiques. Ils datent de 1940 et 1946 d’après les dires de leurs propriétaires allemand qui en sont visiblement très fiers. Une rareté au look ravageur. Nous les retrouvons quelques miles plus loin dans un des endroits cultes de la mère des routes, le « Hackberry général store ».

Après avoir profité du lieu et de l’ambiance, le road trip sur la plus célèbre des routes US reprend. Nous nous arrêtons un peu plus loin dans un autre repaire de farfelus qui rendent hommage à tout ce qui caractérise la région. Nous filons sur Kingman que nous traversons. Là encore, les lieux spécifiquement « roadiens » sont légion mais on ne peut pas s’arrêter tous les 33,33333333 pieds (1 pied = 30cm;-).

Nous partons on the road again pour notre very good trip à la découverte de nouvelles découvertes. Une nouvelle bonne adresse trouvée dans la bible de Nath « le guide évasion Hachette parcs nationaux de l’Ouest américain » nous attire. Il s’agit du petit village de Chloride. C’est un ancien village minier abandonné et qui allait devenir ville fantôme avant que des hippies s’en emparent pour lui redonner une seconde vie. L’endroit est assez amusant. Un mélange de vieux village de cowboy teinté de la folie hippie avec des décorations guidées par certaines herbes qui font rire. Même Lucky boy ne s’en est pas remis…

Et la route reprend dans la même direction, à la conquête de l’ouest. Nous restons sur l’ancienne route 66 alors que notre GPS tient absolument à nous faire passer par l’efficace mais froide (c’est une image, il fait déjà plus de 40°C…) route I 40. Si même les GPS s’y mettent…Nous arrivons après avoir escaladé de beaux lacets de montagne à la petite bourgade d’Oatman. Celle-ci est également une ancienne cité minière habitée essentiellement par des ânes…des vrais…En effet, quand la mine n’a plus donné suffisamment, il lui est arrivé le sort de toutes les cités minières de l’ouest. Les hommes l’ont déserté laissant derrière eux les ânes qui jusque là les aidaient à porter des lourdes charges extraites de la mine…Ainsi, quelques décennies plus tard, les jeunes générations d’ânes profitent toujours de l’herbe qui leur est gracieusement offerte par la nature alors que leurs valeureux ancêtres avaient dû travailler dur pour gagner une maigre pitance…

Mais en arrivant à Oatman, le scoobidoo van nous fait une mauvaise blague…après les freins avants refaits à neuf au début du voyage et les pneus arrières changés, voici qu’un nouveau voyant fait le malin sur le tableau de bord. Il s’agit du voyant moteur…aië…Il fait 114°F (environ 46°C), il y a un soleil de plomb, nous n’avons pas de réseau mobile et il n’y que des ânes autour de nous (ça, encore, ça nous est déjà arrivé;-)…Bref, pas l’esprit à plaisanter. Il est 18h30 et nous avons encore pas mal de route à faire pour sortir de la pampa dans laquelle nous nous sommes mis. Que faire ?

Nous décidons de tenter le tout pour le tout et de gagner un lieu un peu plus habité. Nous ferons escale si notre Dodge en fin de vie le veut bien à Needles…Nous espérons aussi que la température entre temps aura baissé…Nous apprenons un peu plus tard que cette ville est la plus chaude au sens premier du terme des USA…En gros, il fait aussi bon qu’à Death Valley et une journée d’été normale se passe rarement en dessous de 50°C. Après notre expérience de la grosse chaleur du début de voyage, nous préférons jouer la carte du confort cette fois-ci. Une chambre climatisée et piscine feront l’affaire dans le premier motel venu…Ouf…

Fin d’une très belle journée assez éprouvante sur la fin, du fait du stress de voir surgir une panne qui nous aurait rendu la vie bien compliquée…

Le lendemain, c’est toujours assez peu sereins que nous reprenons la route. Notre véhicule au tableau de bord rivalisant de lumière avec un sapin de noël démarre mais le voyant toujours allumé ne nous prédit rien de bon…Deux scénarii possibles. Soit nous restons à l’hôtel et perdons une journée à nous faire dépanner, soit nous parions sur le fait que le voyant s’allume par erreur…Nous choisissons la réponse 2 qui sera notre denier choix Jean-Pierre. Nous partons donc en direction de Barstow à 200kms de notre point de départ toujours plus à l’ouest.

Nous empruntons toujours la route 66 mais l’essentiel de ce qui était à en voir a été vu la veille. Une curiosité ultime nous attend tout de même, le fameux Bagdad café rendu célèbre par le sublime film du même nom. Ce repaire à français nostalgiques de la magie du film n’a pour nous plus rien de magique. Nous apprenons toujours grâce au guide Hachette que seul l’intérieur de ce café a servi pour le film. Les scènes extérieures ayant été tournées ailleurs non loin de là et les décors ayant été enlevés. Et de l’intérieur, nous avons du mal à retrouver l’émotion qui se dégageait du film. L’âme n’y est pas et les nombreuses cartes fétiches accrochées partout dans la bar, donnent à l’endroit un air de kermesse qui ne nous retient pas…Nous resterons à la magie du film que nous avions revu juste avant de partir…On se rend d’ailleurs compte à quel point le réalisateur à dû jouer de talent pour extraire de ce lieu la saveur de l’authentique Bagdad Café mis en images.

Nous arrivons à Barstow un peu avant midi. Le témoin moteur est toujours aussi lumineux. Nous avons par contre une idée moins lumineuse : nous arrêter pour déjeuner dans le mac Do local aux faux airs de quais de gare. L’odeur de gras mélangée à celle des produits ménagers doublée de la surpopulation de l’endroit et de la chaleur ambiante torride toujours bien au dessus de 40°c nous incite à avaler rapidement nos burgers écoeurants.

La bonne nouvelle est que la voiture tient le coup ! Nous tentons donc de pousser 200kms encore plus haut pour nous rendre à Bakersfield où nous prévoyons de passer la nuit.

Demain si notre van Jucy le veut bien, nous montons en direction de Sequoia Parc.

A suivre…

8 réflexions sur “Route 66 : de Williams à Barstow, l’apothéose !

  1. Kany 16 juillet 2019 / 22:29

    Une ville d’ânes, incroyable !
    Et j’adore l’idée de laisser vos cartes toots dans les coins les plus pittoresques des states.
    Suspens hitchcokien concernant le van.. Vivement la suite. Biz les amis.

    Aimé par 1 personne

  2. Gabhen 15 juillet 2019 / 09:51

    Hoù là là!!! Bonjour le stress . Rassurez-nous votre van résiste t-il ?

    Aimé par 1 personne

  3. Cécile 15 juillet 2019 / 09:17

    Magique !

    On croise les doigts pour que le scoobidou van tienne jusqu’au bout

    Aimé par 1 personne

      • hubert 16 juillet 2019 / 11:38

        nous vous suivons toujours avec autant de plaisir même si nos commentaires se font rares.
        on voit que comme d’habitude, vous vivez de grandes aventures, et c’est formidable!
        bon, avec un van de meilleur qualité ça aurait été mieux, mais on aurait moins rigolé…
        merci pour le clin d’oeil aux cow-boys et nous nous régalons à vous lire et à regarder vos photos.
        enjoy your trip!!!!
        thanks a lot and see you soon…
        big smack

        Aimé par 1 personne

      • tootenfamille 17 juillet 2019 / 04:29

        On s’éclate notre van nous fait lui moi s rire qu’au début…mais on s’en sort 😉 à suivre. La biz

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